Immigration, santé & société - Recherches et Infos

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mercredi 26 septembre 2007

Appel solennel de la Coordination française pour le droit d'asile aux sénateurs pour maintenir à un mois le délai d'appel devant la C.R.R.

Projet de loi relatif à la maîtrise de l'immigration, à l'intrégration et à l'asile : Agissez auprès de votre sénateur!

A l’occasion de l’examen du projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile, les associations membres de la Coordination Française pour le Droit d’Asile lancent un appel aux sénateurs pour le maintien à un mois du délai de recours devant la Commission des recours des réfugiés (CRR).

Les députés ont décidé de réduire de moitié ce délai au motif que « le délai actuel d’un mois allonge les procédures et nuit au bon accueil des demandeurs d’asile ». Selon l’auteur de l’amendement, la mesure permettrait une économie de 10 millions d’euros par an.

En réalité , cette réduction constitue une atteinte au droit d'asile et aux droits de la défense.

Elle nuit précisément au bon accueil des personnes venues demander une protection.

Télécharger l'appel

vendredi 21 septembre 2007

Amendement n°69 Mariani : l'effectivité du droit en question

Au cours de la séance du mercredi 19 septembre 2007, les députés de l'Assemblée Nationale ont adopté l'amendement n° 69 du rapporteur Mariani du projet de loi relatif à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile.

Celui-ci réduit le délai de recours devant la Commission des recours des réfugiés (CRR) de 1 mois à 15 jours. Le Parlement avait voté contre une telle mesure en 2006.
Ils ont rejeté les amendements visant à donner un effet suspensif à tous ces recours.

  • 1-L'alignement sur les autres pays de l'Union Européenne a constitué l'argument phare du rapporteur.

Le diagnostic établi par Emmanuelle Bibrosia et Andrea Réa en 2002 reste encore une fois pertinent :

« On constate, de temps à autre, une utilisation par les gouvernements nationaux de l’Europe comme prétexte afin de justifier leurs politiques restrictives en matière d’immigration et d’asile et de se déresponsabiliser. Les transpositions en droit interne des normes européennes donnent ainsi parfois lieu à l’adoption de lois nationales plus restrictives que ce que prescrit le droit communautaire, tout en dissimulant ces décisions politiques sous le couvert d’une obligation juridique imposée par un niveau supérieur de pouvoir. Une telle manière de procéder a souvent pour effet d’escamoter tout débat démocratique au niveau national : l’orientation des politiques étant prétendument imposée d’en haut. » Bribosia, Emmanuelle & Réa, Andrea (eds) (2002) Les nouvelles migrations. Un enjeu européen, Bruxelles : Editions complexe, p. 16.


Dans le cas présent, il ne s'est pas agit de transposer en droit interne un élément des directives européennes, juste de prendre pour exemple les délais en vigueur dans d'autres pays européens. Mais le mécanisme est le même : l'alignement est utilisé comme une évidence, un argument supposer prévaloir sur toute autre considération.

Cependant, si les pays de l'U.E. avaient adopté un délai de quelque jours, aurait-il fallu également s'aligner ?
Le temps fixé pour déposer un recours ne doit-il pas être apprécié avant tout au regard des conditions de possibilité de dépôt pour le demandeur d'asile ?
Si une procédure a été élaborée en 1952 par la France, n'est-ce pas avant tout pour assurer une protection à ce dernier ?

  • 2- Le second argument présenté : l'aide juridictionnelle accordée aux demandeurs d'asile à partir du 1er janvier 2008 "aura pour effet mécanique d’accroître le nombre de recours, et d’effacer de ce fait le raccourcissement du délai d’instruction des demandes que l’action du précédent ministre de l’intérieur a rendu possible." (Eric Ciotti) Aussi, ce raccourcissement des délais de dépôt éviterait de remettre en cause le bilan du gouvernement antérieur bouleversé sans cela par l'augmentation prévue du nombre de recours .


Ici prévaut une logique comptable sur une logique de droit. Les conditions d'effectivité du recours sont perçues comme accessoires, ou secondaires, comparativement aux objectifs que le gouvernement s'est donnée en termes de délais d'instruction.

Ont donc été balayés différents arguments développés par des députés plus attentifs aux conditions dans lesquelles les demandeurs d'asile font l'expérience des procédures bureaucratiques :

  • 1- Les exigences de forme et de fond du recours, difficiles à remplir pour un demandeur d'asile, rendent nécessaire le délai d'un mois.

"Le recours ne consiste pas en une simple lettre : il faut étoffer le dossier refusé par l’OFPRA. Il arrive que des pièces nouvelles doivent être fournies, par exemple pour attester la réalité des mauvais traitements subis. Pour les rassembler et les faire traduire, il faut du temps." (Serge Blisko). "Après que l’OFPRA a rejeté une demande d’asile, le demandeur doit prendre connaissance de cette décision, et beaucoup habitent en province. Il leur faudra ensuite trouver un avocat, rédiger un recours et, pour les non francophones, trouver un interprète. Le recours doit en effet être présenté en langue française." (Etienne Pinte) Or, rappelons-le, grand nombre de requérants ne maîtrisent pas cette langue et doivent faire appel à une aide extérieure. Ils sont rarement familiarisés avec les normes bureaucratiques françaises.

"C’est toujours comme cela, pour les élections comme pour les trains." nous explique le rapporteur. Soulignons, le caractère déplacé de la métaphore au regard de l'enjeu de la demande d'asile pour qui a souffert des violences ou des menaces de persécution dans son pays d'origine. Et s'il faut entrer dans le jeu des comparaisons, les départs des trains sont bien mieux fléchés que les modalités de la demande d'asile dont les modalités sont rarement traduites en langue étrangère. Dans son dernier rapport, la Cimade relevait que :

" Depuis 2005, c’est dès l’admission au séjour en préfecture que cette information doit être faite. Pour répondre à ces exigences minimales, le ministère de l’Intérieur, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) et l’association Forum réfugiés ont publié en 2001 un « Guide du demandeur d’asile » qui devrait théoriquement être distribué à tous les demandeurs d’asile. Au regard des observations réalisées, nous avons constaté que les préfectures n’ont pas intégré cette mission. La plupart des préfectures observées ne délivrent aux demandeurs aucune information sur la procédure ou sur les associations susceptibles de leur venir en aide." Cimade, Main basse sur l'asile, 2007, p. 6.

Pourtant, les directives européennes du 27 janvier 2003 relative aux normes d’accueil et du 1er décembre 2005 relative aux normes minimales sur les procédures prévoient que le demandeur d'asile aient accès à ces informations.

  • 2- En refusant l'effet suspensif de tous les recours déposés devant la Commission des recours des réfugiés, la France se place ainsi en porte-à-faux de la Convention européenne des droits de l’homme qui garantit le droit de recours. Rappelons que la France avait été condamée le 26 avril 2007 par la Cour Européenne des droits de l'homme. (CourEDH 26 avril 2007 M. G. c/ France) Selon la cour européenne, puisque la saisine du juge du référé liberté par le demandeur d'asile à la frontière était dépourvue d'effet suspensif, alors la procédure contentieuse n'assurait par un recours effectif.


Le vote d'un tel amendement illustre la contradiction entre le discours gouvernemental sur le respect de l'accueil des exilés et les choix pratiques votés qui le minent.

A consulter :

mardi 24 juillet 2007

La HALDE se saisit d’une plainte de France Terre d’Asile contre le groupe La Poste

Pour plus d'informations, lire le communique de presse du 23 juillet 2007 de F.T.D.A.