La recherche suivante est le fruit d'une collaboration dans le cadre d'un programme de recherche financé par la MiRe à laquelle vont nos remerciements.
Le projet « Traumatisme, victimologie et psychiatrie humanitaire » a été conduit sous la direction de Didier Fassin et Richard Rechtman dans le cadre du Programme de recherche interdisciplinaire Paris 13 - EHESS.

Dans le cadre d'un DEA d'anthropologie sociale mené à l'EHESS, j'ai contribué à ce travail par une enquête relative aux programmes de santé mentale des ONG internationales françaises.
Je remercie à cet égard toutes les personnes qui ont accepté de participer à cet enquête et l'E.H.E.S.S. qui a participé au financement d'une mission d'un mois à Gaza.

Les missions de psychiatrie humanitaire ont été développées à partir de la fin des années 1980, principalement autour du traumatisme psychique. Elles ont connu un essor au cours des années 1990. Loin de n'être qu'une initiative française, ces missions ont été développées par d'autres O.N.G. à l'échelle internationale, et plus particulièrement dans les Balkans après les conflits qui ont touché l'Ex-Yougoslavie. Ce développement d'une nouvelle gouvernance thérapeutique a été analysée par Vanessa PUPAVAC dans un article paru en 2001 dont je recommande la lecture. L'enquête menée ici sur le champ français de la psychiatrie humanitaire a permis de reconstruire la généalogie de cette discipline au sein des deux principales organisations humanitaires françaises : Médecins sans Frontières et Médecins du Monde. Une étude de cas a été menée sur la mission de Médecins sans Frontières en Palestine afin d'en étudier les enjeux sociaux et politiques que le discours techniques masque parfois.

L'étude s'appuie sur :
  • une analyse des documents publiés par deux associations humanitaires internationales françaises, MSF et MDM
  • une vingtaine d’entretiens menés auprès de leurs membres
  • une enquête conduite en été 2001 dans la Bande de Gaza afin d'observer la mission de psychiatrie humanitaire réalisée par MSF auprès des populations palestiniennes. 
Elle a donné lieu aux publications suivantes :
  • avec D. Fassin (2006), Témoigner sur la Palestine. La qualification psychique des violences de guerre par les organisations humanitaires, in Johanna Siméant (dir.), Face aux crises extrêmes. Paris, La Découverte


  • avec D. Fassin, R. Rechtman, S. Latté (2002), Traumatisme, victimologie et psychiatrie humanitaire. Nouvelles figures et nouvelles pratiques en santé mentale, Paris, Contrat de Recherche MiRE/Drees, 199 pages.

Références

Vanessa PUPAVAC (2001), "Therapeutic Governance: Psycho-social Intervention and Trauma Risk Management" , Disasters25(4): 358-372.
Vanessa PUPAVAC (2002) "Therapeutising refugees, pathologising populations: international psycho-social programmes in Kosovo", New Issues in Refugee Research, Working Paper No. 59.